Importé une première fois par les éditions de Poche à la fin des sixties, ressorti quelques années plus tard par Elisa Press dans le bazar le plus total et sous le nom du Spectre, l'anti-héros italien Kriminal termina sa carrière francophone en 1977, sous la houlette fripouillarde du grand André Guerber.En bon irresponsable éditorial spécialisé dans les chiures populaires à la godille et mors-moi-l'noeud, Guerber massacra les bandes, coupant dans le vif et sans scrupule (à l'image de l'apocope de Kriminal en Krimi) et saupoudrant le tout de dialogues argotiques à la vulgarité pas piquée des hannetons.
Grosse bousculade au portillon. Big poilade itou. Y'a du "marlou" et du "cavedu", ça se "rebiffe" et ça "clamse", le langage châtié passe à l'as - même les familles bourgeoises et les perdreaux ont le phylactère assaisonné au poivre de la langue verte.Une petite vieille réclame des "coups de pompe dans le troufignard" et son gendre, qu'à une bonne gueule d'ange noir à la Bastiani, declame à une nistonne en bikini : "J'vais te sabrer !'Pas de chance pour cézigue, la case suivante, il est bon pour s'astiquer le gai-luron seulabre.Mais le comble (du bonheur) est atteind en pages 62 / 63, lorsque Kriminal se relaxe sur la plage en compagnie d'une petite poule qu'a le goût des sensations fortes.
C'est beau, l'amour.







6 commentaires:
Boufre ! Heureusement, les versions que j'avaient lu dans le temps n'étaient pas ainsi massacrées !
Peut-être une reprise en album, comme pour Sam Bot' ?
Kerys : ça devait être les traductions fin 60, aux éditions de Poche, les seules à valoir le coup (mais aussi les plus dures à trouver...)
Zaït' : je ne pense pas que ça fonctionnerait très bien... je crois d'ailleurs que Delcourt s'est planté avec les Sam Bot... disons que la bd populaire italienne n'a pas un potentiel commercial très élevé.
Par contre, de Magnus (le dessinateur de Kriminal), les éditions Cornelius ont ressorti il y a quelques années de ça l’intégralité de la série Necron et c'est, à mon sens, indispensable à tout amateur de fumetti débridé (voire même désaxé !)
j'en chialerai tellement c'est beau!
Pourtant, à la grande époque de la BD-porno-chic pour cadres sup' en mal d'encanailleries (ou époque Manara), on avait sorti du placard Magnus comme LE petit-génie-sur-lequel-il-est-de-bon-ton-de-s'extasier…
Et oui, ce devait être ça, j'avais trouvé un Kriminal chez… mon grand'père, lorsque je ne culminais pas très haut…
Magnus, c'est surtout Les 110 pilules. Et en effet c'est un génie au moins pour ça - personne n'a fait une BD porno de cette envergure.
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